20 septembre 2007

A ton étoile, Bertrand


Ses amis et sa famille le soutiennent. Les autres, fans et détracteurs, ont les yeux braqués sur lui. C’est aujourd’hui qu’un certain juge examine la demande de liberté conditionnelle du chanteur français, condamné à 8 ans de prison pour avoir porté des coups mortels sur l’actrice Marie Trintignant, une nuit de juillet 2003 à Vilnius.
Le débat fait rage et Cantat la une des médias. Si on comprend facilement les réticences de Nadine Trintignant, qui juge « prématurée cette sortie » on reste dubitatif face aux anti-Cantat. Ceux qui voient la célébrité et non l’homme, ceux qui jugent la rock-star et non l’accusé. Et condamnent le rebelle en blouson noir au nom de toutes les femmes battues de ce pays. Bertrand Cantat doit servir d’exemple, point final.
Un vrai cas d’étude en somme. Sur le papier, et selon son avocat, le dossier est idéal. Cantat a purgé la moitié de sa peine et satisfait toutes les conditions : 450 000 euros d’indemnités payées, un travail assuré à la sortie, un logement, une conduite en prison exemplaire…oui mais voilà, sur le papier seulement. La réalité est bien plus compliquée. Le chanteur a plusieurs handicaps. Sa célébrité d’abord, puis celle de sa victime enfin. Reste que le juge a plusieurs jours pour rendre sa décision, en son âme et conscience comme ils disent dans les films. Celui qui en 1997 chantait de sa voix rocailleuse « A ton étoile », doit plus que jamais prier pour retrouver la sienne.

Britney, encore une fois!


Britney Spears a touché le fond. C’est du moins le message que les médias de la planète ont décidé de transmettre. Pauvre Lolita vieillissante (sic) qui, un jour d’octobre 2003, a fait chavirer les cœurs en s’habillant en écolière ingénue. Vierge sexy se déhanchant au rythme de « Baby, one more time ». De quoi plaire aux jeunes comme à leurs pères dopés au viagra et en manque de sensation conjugale. Une icône intouchable, intouchée et affriolante. Mais voilà, Britney a grandi. Trop au goût de certains. Deux bébés et un mariage raté plus tard, la sexy girl devient trash. Et montre ce qu’elle cachait. Nue sous ses robes, ivre à chaque sortie nocturne, Britney tue son image. Et échoue là où Madonna su magistralement organiser sa communication autour de son corps nu mêlé dans des orgies. Le fantasme est consommé. La jeune femme n’excite plus personne. Enfin, surtout plus les bons pères de famille préférant une écolière en mini-jupe à une femme en forme(s) ne se souciant guère de son corps. Le moment est parfait pour dézinguer la petite Spears. Il est plus facile de descendre en flammes une fille en proie à de petits démons et glorifier une Paris Hilton qui ne fait rien de sa vie. Britney par ses excès, sa nudité de – presque - tout les instants, devient rock and roll. Et pleine d’aspérité. C'est ce qui nous plaît.

10 septembre 2007

Rugby champagne : Bernard Laporte m'a tué

Depuis sa nomination en 1999, le coach des bleus ne rêve que de brandir la coupe du monde. Premier essai en 2003 et premier échec. Pas grave, l’édition 2007 se profile en France. Si les footballeurs l’ont fait, pourquoi pas les rugbymen ? L’ami de Nicolas revoit donc sa copie, toujours plus intransigeant pour ses joueurs. L’égérie de Madrange est obsédé par le jeu défensif, sans aspérités. Très anglo-saxon pour résumer. But avoué : transformer les grenouilles en rosbeef. Passons pour l’image. Le jeu des bleus se modifie quitte à en oublier ses passes rapides, ses envolées héroïques et ses exploits sur le pré. Le fameux rugby champagne tourne au vinaigre.
Il n’empêche. Laporte et ses petits gars glanent quand même le tournoi des VI nations en 2004, 2006 et 2007. La France se voit championne du monde avant l’heure.
Entre temps, l’Elysée annonce que Bernard Laporte sera nommé secrétaire d’état à la jeunesse et aux sports à l’issue de la coupe du monde. Dangereuse confusion des genres. Le sport qui gagne devient la vitrine de la présidence.
Le 7 septembre, soir du match d’ouverture, le Président passe sous les projecteurs de TF1. Histoire de bien rappeler à tous les Français combien il s’associe avec son ministre à une grande victoire annoncée.
Problème : les pumas argentins ont décidé de manger du coq . Le barbecue tourne vite à la boucherie et les gallinacés y laissent leurs plumes. Le score est sans appel : 17-12 pour les sud-américains.
La France qui se lève tôt a laissé sa créativité au vestiaire. D’aucuns disent qu’il faut s’ennuyer pour développer l’imagination. Sans doute la surcharge de travail a effacé la capacité d’improvisation des rugbymen tricolores. Ce petit supplément qui rendait inimitable la façon de jouer des Français. Si rien n’indique que les bleus ne gagneront pas le mondial, une chose est sûre : le rugby français a perdu son âme.